Sécurité des piscines privées : ce que dit la loi et ce qu’elle ne fait pas à votre place

Par la rédaction euromedpiscines · 18 octobre 2019

Sécurité des piscines privées : ce que dit la loi et ce qu’elle ne fait pas à votre place

Un enfant peut se noyer en quelques secondes, sans bruit, dans très peu d’eau. C’est pour ça qu’une loi encadre la sécurité des piscines privées en France depuis plus de vingt ans.

Mais la loi fixe un minimum. Rien de plus. Voici ce qu’elle impose, et ce qui reste de votre ressort.

Pourquoi ces règles existent

Les jeunes enfants sont les premières victimes des noyades en piscine privée. Ils ne perçoivent pas le danger, ils ne savent pas encore nager, et une noyade ne fait souvent aucun bruit.

Santé publique France publie chaque été des données de surveillance des noyades. Elles rappellent la même chose, année après année : les piscines familiales concentrent une part importante des accidents chez les tout-petits.

Ce que dit la loi du 3 janvier 2003

Toute piscine enterrée ou semi-enterrée non close, privative, à usage individuel ou collectif, doit être équipée d’un dispositif de sécurité normalisé. La règle vaut pour les constructions neuves comme pour les bassins existants.

Quatre dispositifs sont admis, chacun avec sa norme :

Dispositif Norme Ce qu’il fait
Barrière NF P90-306 Empêche l’accès au bassin
Alarme NF P90-307 Alerte en cas de chute ou de passage
Couverture NF P90-308 Ferme le bassin et supporte le poids d’un adulte
Abri NF P90-309 Enferme totalement le bassin

Un seul suffit. Le vendeur ou l’installateur doit vous remettre une note technique qui en détaille le fonctionnement et l’entretien.

Qui est concerné, et qui ne l’est pas

Sont visées les piscines enterrées et semi-enterrées, dès qu’elles ne sont pas dans un bâtiment fermé. Que vous soyez propriétaire occupant, loueur d’un gîte ou copropriété, l’obligation s’applique.

Les piscines hors sol posées sur le sol, gonflables ou tubulaires, ne sont pas concernées. Mais elles restent dangereuses. Retirez l’échelle après chaque baignade et couvrez le bassin.

La sanction

L’absence de dispositif normalisé expose le propriétaire à une amende pouvant aller jusqu’à 45 000 €. Et en cas d’accident ?

La responsabilité civile et pénale peut être engagée, y compris envers les enfants d’invités. Pour les autres obligations liées au bassin (urbanisme, impôts, assurance), consultez notre check-list des obligations légales d’une piscine.

Quel dispositif choisir ?

Légalement, ils se valent. En pratique, non. Notre avis est assez tranché : avec de jeunes enfants à la maison, privilégiez un dispositif qui empêche l’accès plutôt qu’un dispositif qui alerte.

  • La barrière protège en permanence, sans manipulation, à condition que le portillon se referme seul.
  • La couverture (volet roulant, bâche à barres) ferme le bassin, et garde la chaleur au passage. Mais elle ne protège que si elle est remise après chaque baignade.
  • L’abri combine sécurité et chauffage passif, pour un budget plus élevé.
  • L’alarme est la solution la moins chère. Mais elle se déclenche quand l’enfant est déjà dans l’eau.

Pour comparer en détail, voyez notre guide des équipements de sécurité obligatoires, et si vous penchez pour une couverture, notre article sur le choix d’une bâche à barres. Attention aussi à ne pas confondre une bâche de sécurité avec une simple bâche à bulles, qui ne protège de rien : nous l’expliquons dans bâche à bulles ou couverture rigide.

Ce que la loi ne fait pas à votre place

Aucun équipement ne remplace un adulte qui regarde. Donc désignez à chaque baignade une personne qui surveille, sans téléphone, sans lecture.

Et apprenez aux enfants à nager tôt. Gardez une perche et une bouée à portée de main. Et refermez la barrière ou la couverture dès que tout le monde sort de l’eau, même pour cinq minutes.

Vous construisez ? Intégrez la sécurité dès le départ, c’est plus simple et souvent moins cher. Nos conseils pour choisir le système de sécurité dès la construction vous y aideront.

Questions fréquentes

Quelles piscines sont concernées par l’obligation de sécurité ?

Les piscines enterrées ou semi-enterrées non closes, privatives, à usage individuel ou collectif. Les piscines hors sol et les piscines couvertes d’un bâtiment fermé ne sont pas visées par cette obligation.

Quels sont les dispositifs de sécurité autorisés ?

Quatre dispositifs normalisés : la barrière (NF P90-306), l’alarme (NF P90-307), la couverture (NF P90-308) et l’abri (NF P90-309). Un seul suffit légalement.

Quelle sanction en l’absence de dispositif ?

Le propriétaire s’expose à une amende pouvant atteindre 45 000 €. En cas d’accident, sa responsabilité civile et pénale peut aussi être engagée.

Une alarme suffit-elle à protéger un enfant ?

Elle est conforme à la loi, mais elle prévient seulement quand l’enfant est déjà dans l’eau. Une barrière ou une couverture empêche l’accès au bassin, ce qui protège mieux les plus jeunes.

Sources

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